Pierre le Grand : « Psychotsar » ou monarque éclairé ?
Pierre Ier, plus connu sous le nom de Pierre le Grand : Bâtisseur de Saint-Pétersbourg, monarque énergique, éclairé, en avance sur son temps, etc… Voilà comment Pierre le Grand est, la plupart du temps dépicté dans les livres d’histoire. Mais on oublie souvent de mentionner la personnalité complexe et lunatique, l’amour pour la débauche et autres excentricités propres au plus grand des tsars de Russie.
C’est pourquoi aujourd’hui, nous vous proposons de rétablir une partie de la vérité…
Qui était Pierre le Grand ?
Cette personnalité étrange qui fit aussi la réputation de Pierre s’est formée dès son plus jeune âge, alors que sa famille s’entre-déchire pour le trône de Russie. Tout enfant qu’il est, il assiste à de véritables massacres, et son goût pour les bains de sang restera un des traits de caractère les plus effrayants de sa nature. Ainsi, alors que certains garçons de son âge jouent au petit soldat, lui, fait de même …. avec une véritable armée !!!
Et c’est grâce à cette « armée » qui gagne de plus en plus de partisans qu’il reconquiert son empire, à l’âge de seulement 10 ans !
Ce que beaucoup appelaient une curiosité exacerbée, d’autres la considéraient comme une passion malsaine alors que le grand tsar se complaisait à arracher des dents ou à assister aux séances de torture… Jusqu’à y participer et appliquer la sentence lui-même. Quelques vestiges de ses expériences se trouvent encore aujourd’hui dans le « cabinet des curiosités » du Kunstkamera, premier musée de Russie créé par Pierre le Grand dans sa nouvelle capitale. N’oublions pas non plus que pour construire ladite capitale, des milliers de vies humaines furent sacrifiées… Pour un simple caprice de tsar.
Sa personnalité excentrique se traduisit aussi par son goût prononcé pour la beuverie et les orgies qu’il menait plus que régulièrement avec son « Concile de la grande bouffonnerie » (aussi appelé « Conclave burlesque ») qui avait pour but d’officialiser les soirées de débauches où l’alcool coulait à flots.
Certaines archives font référence à des « orgies énormes », conduites par le tsar en personne. De nombreuses théories évoquent un moyen pour Pierre de soutirer des informations des participants complètement saouls, d’autres, une simple injure lancée à la face de l’Église orthodoxe qu’il avait en horreur.
Bien entendu, ce genre d’activités, loin d’être occasionnelles, ne laissent que peu de place à sa première femme, la discrète Euxodie. Certes, beaucoup de monarques ont profité de leur statut privilégié pour bafouer l’honneur de leur épouse, mais dans le cas de Pierre, la chose est faite avec le plus grand mépris, que ce soit pour Euxodie, ou pour les femmes en général. Incapable d’aimer, il collectionne les maîtresses les plus vulgaires qui soient, dont la très célèbre Anna Mons, simple fille du peuple qu’il débaucha dans une taverne où il était de passage (comme bien souvent !). C’est d’ailleurs dans une maison close qu’il trouvera son impératrice en la personne de Marthe Skavronska, fille de paysan lituanien qui se fera rebaptiser Catherine Ière et succèdera à son époux à sa mort.
Si seulement l’adultère et la beuverie avaient été ses pires défauts, nous n’en aurions pas fait grand cas car il n’aurait ni été le premier, ni le dernier noble à avoir abusé des plaisirs terrestres. Malheureusement, son non-respect évident pour la vie humaine et son goût prononcé pour la torture et les expériences monstrueuses lui valurent, une fois exposés, cette réputation de déséquilibré.
Enfin, un détail aux yeux de l’histoire, mais pas des moindres pour pouvoir analyser la personnalité chaotique de ce géant hors du commun : lorsque son propre fils Alexis s’opposa à lui et fomenta un complot pour le renverser, le tsar le fit enfermer et torturer jusqu’à ce qu’il avoue. Il aurait été présent à chaque interrogatoire et se serait lui-même munit du fouet qui coûta la vie à son premier né. Afin de masquer la vérité, un document officiel annoncera qu’Alexis est mort « après avoir confessé ses fautes et obtenu la grâce de son père ».
Il serait difficile d’énoncer la liste complète de toutes les contradictions qui valurent au plus grand monarque de Russie cette appellation de « Psychotsar », entre soudard insensible et cruel, et chef d’État éclairé, il ne fait aucun doute que la personnalité hors du commun du géant réformateur fit et fera encore couler beaucoup d’encre…
Doit-on pour autant se sentir coupable d’admirer, encore aujourd’hui le chef-d’oeuvre de Pierre? Il est difficile de juger devant tant de beauté et de perfection, mais pour la Russie et les Russes, Pierre le Grand restera certainement le plus grand monarque que le royaume ait jamais connu.
