Saint-Pétersbourg sous l’ère Soviétique

Histoire de Saint-Pétersbourg



Leningrad

lénineA la fin du XIXème siècle et au début du XXème , Saint-Pétersbourg est l’une des villes les plus importantes d’Europe sur le plan industriel, économique, culturel et commercial. Cependant elle est régulièrement animée par les grèves ouvrières et les manifestations socialistes entraînant une instabilité politique et la percée de certains partis. La révolution de 1905, déclenchée par le Dimanche Rouge où les armées de l’empereur mirent fin de manière sanglante à une manifestation, marqua la fin d’une ère de prospérité impériale. Avec le Début de la Première Guerre Mondiale, une pensée anti-germanique se diffuse au travers du pays : Sankt-Petersbourg d’origine allemande est rebaptisée Petrograd. En Février 1917 une première révolution bolchévique fait chuter le pouvoir en place et abdiquer le dernier tsar Nicolas I

I, à la suite de quoi un gouvernement provisoire dirigé par Alexandre Kerenski est instauré. Pendant ce temps, Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine, après dix années d’exil, fait une entrée triomphale dans la capitale, le chef des bolchéviks est de retour et prépare sa Révolution d’Octobre. L’armée rouge, menée par Léon Trotski, pénétra durant la nuit du 24 octobre 1917 dans Petrograd afin de renverser les institutions en place, Lénine prend

le pouvoir et instaure la première démocratie socialiste. L’URSS est née, la noblesse russe est éliminée et la ville perd son statut de capitale en faveur de Moscou en même temps que sa population. Le 8 mars de cette même année, une manifestations des femmes ouvrières au cœur de la ville fut à l’origine de la journée internationale de la femme, accepté en 1921 par Lénine et en 1977 par les Nations Unies.

En 1924 au décès de Lénine, Petrograd est renommée Léningrad en hommage au père des bolchéviks, une campagne de collectivisation des terres est lancée afin de repeupler la ville et un ensemble de réformes est alors instauré supprimant les références impériales : statues, monument, sites religieux et même les noms des rues dans le but de rendre la cité à l’image des villes socialistes du nouveau régime. En 1934 Sergueï Kirov, à la tête du parti socialiste, est assassiné à l’institut Smolny donnant un prétexte à un certain Staline pour initier les Grandes Purges de l’URSS en éliminant les derniers membres fondateurs du régime en place et d’asseoir sa dictature. En 1939 la Seconde Guerre Mondiale éclate et dès 1941 les troupes allemandes encerclent déjà Léningrad. Ne pouvant y pénétrer, pendant 900 jours elles vont l’assiéger dans l’espoir que sa population finisse par se rendre. Sous le commandement de Joukov, les défenses de la ville tiennent bon ainsi que sa population. Malgré les centaines de millier de morts, les bombardements intempestifs, la famine et le climat, les russes résistèrent à l’envahisseur et l’armée délivra finalement la ville en 1944.

A la fin de la guerre, Léningrad se retrouve dans une drôle de situation, d’une part elle est le symbole de la résistance et des souffrances de la population russe durant cette période noire du début du XXème siècle, centre scientifique, historique et culturel de l’Union soviétique et d’autre part, les dirigeants ne cessent de se déchirer le pouvoir avec les politiques moscovites. Le blocus à créé un grand choc dans la mentalité soviétique, nombreux furent ceux qui jamais ne revinrent à Petrograd, le pouvoir était désormais bien ancré à Moscou ainsi que la population et peu à peu Léningrad perdait de son influence. Dès les années 1950 un processus de restauration et de reconstruction de la ville s’initia afin de lui rendre sa splendeur d’antan et d’augmenter son agglomération. En 1989 le centre ville est déclaré zone protégé et l’UNESCO en 1990 classa près de 2400 édifices au patrimoine mondial. A la chute du régime soviétique en 1991 un référendum rendit à la ville le nom de Saint-Pétersbourg. De nos jours les travaux de restauration n’ont pas cessé afin de vous faire profiter de la majestuosité de cette métropole qui est de loin l’une des plus belles villes du monde.

DCA durant le blocus