Kommounalka, appartement communautaire


Avez-vous entendu parler des kommounalka en Russie, surtout à Saint-Pétersbourg et à Moscou ? A tout coeur de Saint-Pétersbourg dans un joli bâtiment du XIX siècle avec une façade impréssionnante vous pouvez toujours voir un appartement de 3 ou 4 pièces où habitent trois familles différentes. Quelle est l’histoire de kommounalka ? Qu’est-ce que c’est en réalité ? Je vous invite à plonger à la réalité pétersbourgeois.

L’appartement communautaire ou comme on dit en russe kommounalka est un logement composé d’une ou de plusieurs pièces étant la propriété d’une famille ou d’une seule personne. Les propriétaires des appartements de ce type sont forcés à utiliser les « espaces communs », y compris la salle de bains commune, les wc, la cuisine, ainsi que le couloir et l’antichambre.

Photo : Fond Ancien
Photo : Fond Ancien

Histoire de la kommounalka

La naissance de la kommounalka (appartement communautaire) peut nommer les années 1917-1920, soit la Révolution russe. Les bolchéviks ont retiré les appartements parmi la population riche de Saint-Pétersbourg et y ont logé les familles pauvres. Dans cette période-là, le terme de la kommounalka devint populaire qui est toujours utilisé dans la langue. De plus, car Pétrograd (ancien nom de Saint-Pétersbourg entre 1914 et 1924) était le centre de la Révolution, on y logeait des adhérents actifs du pouvoir soviétique : communistes, militaires, collaborateurs de la Tchéka (police politique).

Au fil de temps, les normes de la superficie ont été différentes. Ainsi, depuis 1924 la norme était 8 m² par personne quel que soit son âge. Si la superficie dépassait la norme, on logeait ainsi d’autres habitants dans l’appartement. Le début d’ammélioration des conditions de vie des habitants de kommounalka tomba sur les années 1950-1960 quand le gouvernement commençait à fournir d’un appartement à part pour chaque famille. La pique de cette mesure était en 1993 quand beaucoup de familles ont reçu son hébergement inviduel. Cependant, il y a toujours assez de kommounalka à Saint-Pétersbourg. En 2011, on y comptait 105 000 où habitaient 660 000 personnes. Saint-Pétersbourg reste quand même la capitale de kommounalka.

La vie des appartements communautaires

La vie des plusieurs familles en un appartement menait presque toujours à des conflits et des disputes. L’un des plus bryuants crimes de la nouvelle histoire a eu lieu dans un appertement communautaire en mai 2015. Une famille composée d’une couple et d’un enfant de sept ans a été tuée à cause du conflit avec leur voisin qui a trouvé inadmissible d’éteindre la coupe-circuit du compteur électrique. Pourtant, les habitants des appartements communautaires arrivent souvent à résoudre leurs problèmes de manière plus civilisée et organisée. Par exemple, le ménage des « espaces communs » se fait à tour de rôles. Les permanences se définissent par un consensus général.

Dans la plupart des appartements, chaque chambre est équipée de compteur électrique. Cependant les charges d’eau et d’électricité sont habituellement divisées entre tous les habitants de l’appartement. Cela sert de base pour de nouvelles querelles et disputes à cause des volumes de consommation d’eau et d’électricité.

On y trouve aussi des appartements où les « espaces communs » sont reliés avec les compteurs de chaque chambre à part, donc si un habitant entre à la cuisine, il doit allumer sa propre ampoule, même si la lumière a déjà été allumée par son voisin (dans ce cas plusieurs ampoules sont allumées en même temps, chacune à un habitant).

De nombreux appertements communautaires n’ont pas connu de travaux de rénovation depuis longtemps.

Ne vous vous étonnez pas quand vous voyez quatre frigos à la cuisine (avec des cadenas accrochés), avec de nombreux  placards pour la vaisselle individuelle, plusieurs machines à laver, etc. Dans les wc on trouve souvent quatre brosses de toilette et le même nombre de rouleaux de pécu (désolés pour ces détails).

Très souvent, vous pouvez rencontrer des élements de décor absolument incroyables, comme le décor du plafond ou de la cheminée incrustés dans les murs dégradés et nécessitant des travaux. La simplicité, le charme des vieux temps, la subtilité et la pauvreté constituent les principaux contrastes des appartements communautaires de Saint-Pétersbourg.

Photo: LifeGide.media
Photo: LifeGide.media

Ce type d’hébergement appartient le plus souvent aux citoyens de la moyenne classe : facteurs, conducteurs, travailleurs du secteur public comme enseignants ou infirmières. Les étudiants qui n’ont pas envie d’avoir une chambre dans la résidence universitaire habitent souvent dans l’appartement communautaire. C’est aussi le cas des jeunes couples qui ne peuvent pas se permettre un logement plus spatieux.

Les appartements communautaires comme objets d’art

La littérature russe connaît plusieurs mentions des appartements communautaires, y compris dans les oeuvres de F. M. Dostoïevski, de M. A. Boulgakov, de M. M. Zochtchenko. Par ailleurs, la chambre où vivait Raskolnikov, le protagoniste du célébre roman « Crime et châtiment » se trouve à l’adresse 19, rue Grajdanskaïa. Il occupait la mansarde en haut qui est conservée de nos jours, mais l’accès à laquelle est bien limité.

Les appartements communautaires ont laissé leur emprunt dans l’art du cinéma également. En 1939 le film soviétique « Ninotchka » et beaucoup d’autres, dont plusieurs scènes se déroulaient dans des appartements communautaires a été tourné aux Etats-Unis. En 2008 le film documentaire « Kommunalka » a été tourné en France.

Photo : Fond Ancien
Photo : Fond Ancien

Le musée de kommounalka à Saint-Pétersbourg

Cet hiver, vous pourrez visier l’exposition dédiée à la vie dans la kommounalka pendant votre voyage au Nouvel an à Saint-Pétersbourg. L’exposition se trouve dans les chambres de la kommounalka ancienne au Palais Roumiantsev qui garde son vrai agencement : quatre pièces, un couloir et une cuisine commune. L’exposition représente plus 1000 d’objets d’art du Fond du Musée de la ville de Saint-Pétersbourg dont la plupart d’eux sont exposés pour la première fois.

Adresse : 44, quai Anglais (Английская набережная, 44).

 

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