Saint-Pétersbourg, une ville renaissante


Katia Pecnik, auteur et photographe de renom, dresse un portrait magnifique de l’ancienne capitale des tsars suite à un long processus de restauration de son coeur historique classé à l’UNESCO, initié dans les années 2000, offrant aujourd’hui au monde entier une ville renaissante d’une splendeur incomparable.

Des femmes filiformes couronnées de chapkas de vison blanc trottinent dans la neige sur leurs talons aiguilles, zigzaguant entre les vastes avenues encadrées de solides immeubles néoclassiques. Les fantômes de Pouchkine, Dostoïevski, Pierre le Grand et de l’inénarrable Catherine II flottent dans l’air piquant. Saint-Pétersbourg, restaurée depuis 2003, a retrouvé son faste d’antan. Pour le constater, il suffit de réserver bien en avance une visite privée (et fort coûteuse) au tout nouveau Musée Fabergé, appartenant au milliardaire Viktor Vekselberg. Il s’est donné pour mission patriote de rassembler des trésors russes disséminés par les Bolcheviques.

spb_000014481984_LargeAu sein de l’exceptionnel palais Chouvalov, ruisselant de dorures baroques, douze œufs sertis de pierres précieuses, enduits d’émaux fabuleux, cadeaux des tsars à leurs tsarines, brillent de mille feux aux côtés de centaines de pièces superbes du prestigieux joaillier. Tant de luxe laisse pantois. Mais la contemplation du passé n’est pas le seul sport en activité. Le Musée de l’Ermitage aligne bien ses kilomètres d’incroyables galeries, mais le récent Musée d’Art contemporain Erarta et ses quatre étages de collections rendent hommage aux artistes contemporains russes qui certes ne font pas l’unanimité critique mais sont présentés de manière accessible, sans snobisme ni pose intellectuelle chers aux galeries européennes.

L’obsession de l’art de vivre s’est aussi fortement renforcée ces dernières années à Saint-Pétersbourg, avec une floraison de restaurants italiens, d’établissements de “top chefs” habitués des shows télé, de cuisine de palaces… Le chef arménien Edouard Muradyan a ainsi conçu E.M., un resto discret dont la cuisine est ouverte sur la salle telle une scène. On le rencontre alors qu’il observe fièrement ses bouteilles de vin naturel, évoque sa glace à l’encre de seiche, un œil sur son compte Instagram.

Erarta_Museum_and_Galleries_of_Contemporary_Art
Un appétit décomplexé de création que l’on retrouve dans la multitude d’espaces inventifs, où talents musicaux, stylistes, artistes, ouvrent boutique, organisent des expos, lectures et concerts. Ainsi Taïga, un ancien palais avec vue sur la Neva, a été restauré par des dizaines de jeunes contre un loyer avantageux début 2011. Aujourd’hui, trente organisations différentes occupent les pièces, entre opticien branché, vendeur de guitares, auberge de jeunesse, librairie arty, bar design… Les lieux Etagi, Tchaki, Arkhitektor, Pechatny Dvor, comptent parmi ces « multispaces » qui conjuguent l’esprit Factory warholienne et la tendance « social network ».

mikhailovsky-4Le soir, un ballet classique au Mariinsky ou au Mikhailovsky sera suivi d’un cocktail dans le speakeasy chic au Big Liver, ou d’un vin sophistiqué dans le nouveau bar Do Immigration. Puis un passage sous les cristaux et les boiseries du bar Xander au sein du flambant neuf Four Seasons Lion Palace vous plongera dans une ambiance précieuse et cossue. L’hôtel de luxe qui a pris place dans l’ancien palais restauré des Lobanov Rostovsky (mentionné dans un livre de Pouchkine), a créé l’événement dans la ville. Tout en lui reflète le faste aristocratique : lustres, marbres, moulures baroques, spa grandiose sur quatre étages… Pour finir de vous convaincre de l’excellence atteinte par Saint-Pétersbourg la magnifique.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


six − 6 =